Voilà le récit de la naissance de Rose, il doit y avoir quelques erreurs par rapport au temps et aux durées et à l'ordre de déroulement des choses... mais Pat doit écrire le sien, on arrivera à recouper pour avoir quelque chose de juste... En tous cas, l'émotion est intacte, 15 jours après !

"Nous avons passé le week-end avant ta naissance à nous… reposer! On avait envie de rester tous les deux et de ne pas faire grand-chose, je crois qu'on commençait à t'attendre concrètement. Jusque là, on se préparait à ta venue, mais on savait qu'on avait encore le temps. Ce week-end là, on s'est donné le temps de prendre le temps, de savourer ce début d'attente, qui aurait pu devenir lourd si tu ne t'étais pas décidé… On craignait un peu que tu tardes, même s'il n'y avait pas de raisons, mais on n'aurait pas pu t'accueillir à la maison si tu étais venue en retard…

On s'est endormi donc, dimanche soir, tous les 2, en se disant que peut-être… demain!

Le lendemain matin, ton papa avait prévu de se lever vers 6 heures pour envoyer un devis important à des clients avant 8h… mais bon, il est parti de la maison à 8h30 (ton papa prévois parfois de se lever très tôt, mais je ne sais pas ce qu'il se passe, il n'y arrive pas à chaque fois ;o))… Je me suis réveillée au moment où il partait, et j'ai ressenti les premières contractions qui allaient annoncer ton arrivée, elles étaient déjà espacées de 5 minutes chacune, douloureuses comme des douleurs de règles, donc très supportables… Je me suis dis, tiens ? Peut-être… J'ai pensé que ce serait très bien si c'était pour aujourd'hui. Alors que je me disais que tu arriverais forcément de nuit, j'ai pensé que ce serait bien que tu arrives en début de soirée plutôt, car en ce moment, la nuit, je suis fatiguée! J'ai aussi réalisé que c'était 9 mois jour pour jour après "notre" date de conception.

Je me suis levée, ai mangé un petit déj léger, puis j'ai allumé l'ordinateur pour voir mes mails et aller pointer chez les magics mamans… j'ai dit aux magicscops ce que je ressentais, que c'était "peut-être" le grand jour. J'ai commencé alors à imaginer cette journée, puisque les contraction ne s'arrêtaient pas… j'étais très sereine, et cette sérénité m'a étonné, je m'attendais à flipper plus que ça au moment où je me rendrais compte que c'était parti! J'ai eu une amie au téléphone vers 9 heures et je lui ai dit que c'était peut-être pour aujourd'hui et j'ai réalisé d'autant + car l'appel a duré 20 minutes et j'ai eu le temps de sentir passer 4 contractions (jusque là, il me semblait que c'était toutes les 5 minutes, mais sans vraiment trop chronométrer). Ma cop m'a conseillé de noter les contractions ce que j'ai commencé à faire consciencieusement, comme pour avoir une "preuve" de l'avancée des évènements. A ce moment là, j'ai eu Pat sur MSN, je lui ai demandé où il en était avec son devis pour ses Suisses, il m'a dit qu'il était à la bourre… et puis m'a demandé pourquoi je lui demandais ça. Je lui ai donc répondu qu'il se pourrait bien que ce soit aujourd'hui et que ça allait pour le moment, mais que j'aimerais bien qu'une fois le devis bouclé il me rejoigne… Je crois qu'on a compris tous les deux à ce moment là, à la manière dont je lui disais les choses que c'était effectivement le bon moment! Y'a eu un truc de magique qui s'est passé, je crois qu'il était tout retourné et excité à l'autre bout de l'ordi… Il m'a dit qu'il arrivait vite (il est à 5 minutes à pied du boulot)… Je lui ai dit que je l'attendais dans mon bain, histoire de voir ce que donnaient les contractions.

Toujours aussi sereine, j'ai pris un bain en notant la fréquence des contractions. J'y suis restée environ une heure, les contractions se sont espacées (toutes les 7- 8 minutes), mais nettement intensifiées! Pat est arrivé, a vérifié mon "état", je crois qu'il m'a vu souriante, on a échangé des regards tendres, on savait que c'était là… Il m'a demandé ce qu'il pouvait faire, je lui ai demandé où il en était de son devis, il m'a dit qu'il pouvait l'envoyer tel quel ou prendre le temps de le peaufiner un peu si je n'avais pas besoin de lui… Il est donc aller finir son devis dans son bureau, pendant que je continuais à barboter ;o)) Je suis sortie du bain vers 11h00 et là, splosh ! J'ai eu un écoulement incontrôlé, enfin, j'ai perdu l'équivalent d'un verre de liquide, je me suis dit que

-         c'était les eaux

-         ça avait donc bien commencé

-         que j'allais douiller parce que j'ai entendu dire que ça douillait + quand on perdait les eaux avant

-         que c'était la cata car le liquide était "teinté"

J'ai appelé Pat et lui ai fait un bref résumé de la situation, j'ai tout de suite appelé F la sage-femme : "je crois que le travail a commencé, mais j'ai perdu les eaux et le liquide est vert" (Pat dit que c'est plutôt jaune, mais moi, je vois vert!), elle me demande de préciser la couleur, me demande si c'est couleur petit pois, me dit qu'apriori pas de soucis vu ce que je lui décris. Je ne suis pas vraiment rassurée, je suis même paniquée. Elle me demande d'appeler J (l'autre sage-feme avec qui travaille F) qui est plus près de chez moi puisqu'elle est environs à 1h de route… J'essaie d'appeler J pour qu'elle vienne au moins écouter le cœur du bébé et me dire que tout va bien mais on tombe systématiquement sur le répondeur. Je rappelle F qui me dit qu'elle n'arrive pas à la joindre non plus et qu'elle rentre de sa visite et sera là en début d'aprèm, elle me rassure encore… Ca marche un peu plus cette fois… Entre temps je suis allée demander aux magic cops ce qu'elles en en pensaient et les messages m'ont rassurés… Je sens que mon bébé va bien, alors je me laisse faire par mon ressenti… On décide donc de manger et Pat appelle Jérémy (Tonton Poulet ;o) ) pour qu'il nous ramène du pain et des petits trucs sympa à manger + de l'homéopathie (Merci Poulet :o) ). Le repas se passe bien (pâtes + super bon jambon), je me lève à chaque contraction, ça fait du bien, Poulet arrive, je dis à ce moment là qu'à ce rythme, ça pourrait durer des heures, que je gèrerais sans problème la douleur à ce rythme… Je sais que vers 13h00 j'étais au téléphone avec le service client de maman nature, l'air de rien ;o)) F a dû arriver vers 14h00 – 14h30 mais ce n'est plus très clair… Vers 13h30, après le repas, Pat a commencé à me masser pendant les contractions, enfin, il appuyait très fort dans mon dos avec ses mains, ça faisait du bien! En arrivant F a fini de nous rassurer par rapport au liquide puisqu'elle a senti que la poche des eaux n'était pas rompue. J'étais à 2-3 cms… On a décidé de prendre un bain (enfin, pas tous ensemble, hein, que moi ;o)) ), pour voir si le travail avait vraiment commencé. Je me suis dis que c'était dingue à quel point on pouvait être "concentrée" pendant les contractions et en 2 secondes pouvoir parler d'un truc qui n'avait rien à voir et n'avoir pas du tout l'impression d'être en train de faire ce travail d'accouchement! Dans le bain, les contractions sont devenues plus intenses : elles duraient + longtemps et étaient + douloureuses. J'ai commencé à gémir dans le bain, ou à émettre  des sons en tous cas… Tout au long du travail, les contrations ont duré environs 1 minute et étaient espacées entre 4 et 5 minutes sauf les dernières heures, mais là, on ne calculait plus ;o) Pat est resté à coté de moi, il m'a pris en photo à ce moment là, c'est drôle de voir le changement de tête sur les photos entre "contraction" et "pas contraction". Là, je me suis clairement dit que ça avait dû bien commencer et que ça faisait quand même nettement + mal… Mais on échangeait des regards amoureux, excités, c'était chouette ce moment! J'ai essayé de changer de position dans le bain, me suis mise sur le coté gauche, la jambe droite surélevée, ça faisait du bien et c'était sensé aider le bébé à descendre, je crois… Je suis restée une heure dans le bain. En sortant, vers 15h30, je pense, j'étais à 5-6 cms, j'étais contente, je l'aurais assez mal vécu si ça n'avait pas avancé! C'est ce que je disais à Pat dans le bain : si ça fait + mal, c'est que ça doit être efficace, enfin, j'espère!!! Si je n'avais pas eu cette pensée, je ne serai pas restée 1 heure, les contractions étant + douloureuses dans l'eau. Je crois que je commençais à visualiser ce bébé en train de descendre et le col en train de s'ouvrir et j'essayais de "souffler avec la vulve" comme le dit T. Bertherat dans son bouquin. Cette visualisation de mon souffle qui part de mes pieds pour remonter ma colonne et redescendre par mon ventre pour emprunter le chemin de sortie du bébé m'a accompagné jusqu'au moment de pousser. Donc en sortant du bain, j'ai pris toutes les contractions debout, un peu courbée, appuyée contre ma cheminée ou la table du salon (en fait, tout le travail s'est déroulée dans cette pièce), Pat continuait à m'appuyer dans le dos et faisait régulièrement chauffer la bouillotte aux noyaux de cerises pour que je la mette dans le dos ou sur le ventre. A un certain moment, ses massages ne me faisaient plus de bien, je lui ai dit d'arrêter, mais j'aimais le savoir tout près, sentir un simple contact de sa main dans mon dos par exemple. Je m'aidais toujours à coups de respiration, de visualisation et de position, toujours accoudée sur une table, à un moment, j'avais pas de table sous la main, je me suis donc servie de ce qui était le + près de moi : mon homme qui s'est gentiment tourné et accroupi et a subi la pression de mon corps sur ses épaules sans broncher ;o))) Je n'ai plus trop d'idée précise des durée, du temps, après l'accouchement, je sais que je me suis dit que les deux dernières heures ont été dures! Après un autre TV, j'étais à 8, mais bébé était toujours haut, je crois que c'est là que ça s'est vraiment intensifié, F me conseillait des positions pour aider bébé à descendre, de moins me cambrer (alors que j'avais vraiment l'impression de pas me cambrer), puis j'ai essayé sur le matelas qu'on avait mis au salon sur le coté gauche, une jambe + haute, mais c'était vraiment dur! Je sais que je me disais : mais comment font t'elles pour ne pas prendre de péri quand elles sont allongées sur une table!!! J'étais très heureuse de pouvoir bouger! Plus le travail avançait, + je m'accroupissais à chaque contraction… J'ai aussi essayé de me visualiser ailleurs (sur une plage), à quelques reprises, et j'avais vraiment l'impression de moins ressentir la douleur, magique! Et aussi, je continuais à gueuler comme une malade ;o))) au fur et à mesure, la respiration se fait + haletante, est plus rapide. J'ai essayé de marcher aussi entre chaque, mais j'avais peur de pas trouver de quoi m'appuyer si je m'éloignais trop… Et à chaque fin de contraction, j'ai dit : "Putain", c'est vilain, je sais ! Et je crois que si j'avais eu moins le soin d'économiser mon souffle, j'aurais rajouté "la salope" à chaque fois ;o))

J'ai senti ou vu à un moment que la préparation pour la naissance elle-même se faisait, j'ai vu que la table basse du salon était envahie des "outils" de F", enfin, j'ai supposé, puisque tout était recouvert d'alèses… F a demandé où étaient les gants à Pat, et moi, en pleine contraction je me disais "ce ne sont pas des gants, mais les lingettes Ikéa, elles sont sur la cheminée", mais j'arrivais pas à parler, enfin, j'aurais pu, mais je ne pensais pas à le faire, c'était bizzare... Pat a dû me "lâcher" pour aller chercher des gants qu'il n'a pas trouvé, puis, il est reparti les chercher au même endroit, sans les trouver non plus  évidemment (en fait, il était désemparé, car ne voulait pas me laisser à ce moment-là où c'était super douloureux)  et il est revenu dans le salon en disant : "ben tanpis pour les gants" (on a beaucoup ri quand il m'a raconté ça, car il se disait qu'il avait vraiment autre chose à faire que chercher des gants ;o)) mais il ne savait pas trop non plus à quoi ça allait servir! F a finalement dû trouver mes lingettes en tissu sur la cheminée toute seule ou se dire que si ce n'était pas ça, ça ferait bien l'affaire ;o)). Elle me demandait de temps en temps si ça commençait à pousser un peu (je crois que vu les positions que je prenais, on aurait pu croire), je lui ai dit à un moment qu'il me semblait, mais que c'était léger… Dans ma tête je me disais : "mais descend bébé, pourquoi tu descend pas? Je reste debout, comme il faut, et tout et tout"… puis je me disais que je devais être bientôt dilatée complètement et que ce n'était qu'une question de temps, c'est en fait ça qui me permettait de "tenir le coup". Le fait de savoir que finalement, j'y étais presque… C'est là aussi où je me suis dit qu'à ce rythme là, autant je gérais très bien parce que je savais que j'aurais très bientôt bébé contre moi, autant, j'admire les femmes qui ont un travail long et qui tiennent le coup sur du long terme… Finalement, elle a encore regardé par TV ce qu'il se passait et là, elle m'a dit que c'était pratiquement dilatée complètement mais qu'il restait une bandelette de col qui pouvait rester un moment et qui bloquait la tête de bébé, ce qui arrivait souvent aux primipares. A ce moment là, F est donc intervenue finalement pour la première fois : elle a retenu la bandelette de col manuellement, le temps que je pousse et que la tête du bébé descende (A ce moment là, j'étais semi assise sur le matelas qu'on avait installé dans le salon). C'était franchement très douloureux ce passage, mais c'est aussi là qu'avec le recul, on se rend compte de son professionnalisme : si elle ne l'avait pas fait, je pense que j'aurais gardé un très mauvais souvenir de la dernière heure, son petit coup de pouce a permis de gagner une heure sur le travail. Je n'ai pas du tout été angoissée par le geste, j'étais vraiment en totale confiance. J'ai su après-coup, que mon homme a eu peur à ce moment là, lui… que cet acte soit vécu comme intrusif de mon coté, ou peur que ça tourne mal puisqu'il fallait "intervenir" quelque part… Bref, la tête du bébé a ainsi pu descendre (ça a dû duré 2-3 minutes en tout, peut-être moins). J'ai ensuite commencé à avoir envie de pousser, enfin, je sentais surtout que ça me soulagerait lors des contractions de le faire (ce n'est pas, je pense, l'envie de poussé fulgurante qu'on lit dans les récits), j'étais à 4 pattes, mais la position ne me convenait pas du tout. Françoise nous a alors invité à nous mettre du coté du canapé : j'étais accroupie devant le canapé entre les jambes de mon homme, lui-même assis sur le canapé, j'avais mes bras contre les siens et mes mains dans les siennes. J'avais aussi un coussin sous les fesses, car physiquement, ça devenait vraiment difficile de suivre! Et là, j'ai commencé à pousser… n'importe comment! Enfin, avec la gorge, j'en sais rien, je n'y arrivais pas du tout… enfin, ça n'avançait pas! J'ai eu un petit moment de désespoir où j'ai dit que je ne savais pas pousser ;o))… Puis aidée par les encouragements de mon homme au creux de l'oreille et par les conseils de F, j'ai fini par y arriver. Elle me disais de pousser avec le ventre, au début, je poussais en soufflant (car c'est ce que j'avais lu qu'il fallait faire pour éviter déchirure) et puis ça n'allais pas, ça ne faisais pas du tout l'effet du ballon qui se dégonfle! J'ai donc poussé en bloquant, et j'ai "trouvé le truc". La poussée a dû durer une demi-heure environs, mais la poussée efficace a duré moins de 10 minutes, c'est l'impression que j'en garde! A un moment F a dit "je sens la tête, elle est là", puis j'ai continué à pousser, j'ai mis ma main à un moment, pour me donner un peu de courage, et j'ai effectivement senti un bout de tête avec des cheveux! La sensation de douleur à ce moment là, je n'en garde pas vraiment, je ne pensais plus à mon périnée, mais seulement à pousser pour ne pas que bébé reste coincé, enfin, pour que ce soit le + facile pour elle. Les lingettes d'eau chaude passées sur le périné et la vulve par F étaient… excellentes !!! Je ne pensais pas que c'était si physique de pousser!!! Je voyais la bouteille d'eau en face de moi sur la cheminée qui me faisait trop envie mais je me disais que ce n'était qu'une question de minutes, que je pourrais bientôt boire ;o)) Puis bon! J'étais en train d'accoucher quoi, j'étais sensée penser à autre chose qu'à boire ;)) F m'a donné un fond de verre de sirop de fraise avec une paille que je n'avais pas fini qui m'a fait aussi un bien fou!!! Je suivais vraiment les indications de F pour la poussée, parce que avant d'avoir trouvé le truc, j'étais vraiment désemparée! A un moment, j'ai senti que ça tirait + et que la tête sortait, était sortie… j'ai poussé encore un peu pour les épaules, pleine d'excitation! F m'a répété plusieurs fois :"attrape là, maintenant!"… Je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à l'attraper, puis d'un coup, tout s'est débloqué : mon homme a lâché sa prise (en fait, nos bras étaient totalement imbriqués, je prenais appui sur les siens pour pousser). J'ai donc tendu les bras et sorti notre fille de moi, aidée de F. J'ai entendu mon homme fondre en larmes, moi je ne pleurais pas, je la regardais, je la touchais, la sentais et j'ai fait clairement le lien entre cet être encore inconnu qui avait passé 9 mois dans mon ventre et ce bébé bien réel, de chair et d'os, qui avait l'air étonné de se retrouver là, sur ma poitrine… C'est évidemment magique… faire le parallèle entre ses mouvements dans mon ventre et ceux que je sentais sur moi à présent. Pat la touchait, comme pour vérifier lui aussi qu'elle était bien réelle… La sensation qu'on a à ce moment là, c'est : mais c'est bien vrai alors, c'est vraiment nous qui avons conçu ce bébé, il est bien réel, c'est merveilleux ! En la mettant sur ma poitrine, j'ai senti que ça tirait drôlement à l'intérieur de moi, le cordon avait l'air d'être court. En voyant le cordon, j'ai cru un instant que c'était un garçon, mais non! J'ai poussé à nouveau pour le placenta qui a dû sortir 10 minutes après, F a demandé à Pat s'il voulait couper le cordon, on lui a dit que c'était moi qui allait le faire (on trouvait ça important tous les deux que ce soit moi qui rompe ce lien et pas lui qui nous sépare, qq part). J'ai donc coupé (avant ou après le placenta sorti, je ne sais plus!). F a regardé le périnée, elle a vu qu'il n'y avait qu'une petite coupure des lèvres qu'un point aurait aggravé, chouette :o) Ensuite je me suis mise sur le matelas au milieu du salon, Rose a fait sa première tété. On n'est pas resté longtemps, car ce n'était pas confortable. On est allé jusque dans notre chambre où Rose a tété a nouveau puis s'est endormie contre moi… J'ai eu droit à son premier sourire à cet instant, quand F s'approchait pour une photo. Tous les "soins" se sont fait sur mon lit, sous mes yeux et là encore, je pensais à la douleur de ces femmes à qui on enlève l'enfant qui vient de naître… Rose est née à 18h58, F a dû partir vers 22h00.

Je n'ai pas eu de passage "peur de mourir" que je redoutais, je n'ai pas eu de passage de découragement durant les contractions. Ce qui m'a aidé c'était vraiment de me dire que ça allait vite, et que ce n'était qu'une question de temps. C'était une naissance tout en douceur, malgré mes cris. Rose a beaucoup crié juste après sa naissance, et j'avais vraiment l'impression d'entendre dans ses cris, ses pleurs, les cris que j'avais poussé pendant les dernières heures… Je me suis qu'elle avait dû être impressionnée par tant de cris puisque je ne gueule jamais d'habitude, et je n'hausse pas la voix, ni son papa… J'avais l'impression qu'elle imitait mes cris ;o))

Je crois que j'étais "dans ma bulle" pendant les contractions, uniquement, dès qu'elle s'arrêtaient, je n'étais plus vraiment dans l'accouchement, enfin, plus complètement dedans, c'est aussi ça qui m'aidait… de penser à ces périodes de répit et d'en profiter pleinement quand elles étaient là… J'ai eu aussi la chance vers la fin, quand c'était difficile, d'avoir une ou 2 périodes de "relâche" sans contractions pendant 3-4 minutes… Ca faisait du bien…"

Ce qui m'a aidé, c'est aussi

-         la visualisation de ce qui se passait en moi

-         le fait de pouvoir prendre les positions que je souhaitais (debout, pratiquement non-stop)

-         le fait de pouvoir gémir, puis gueuler, puis hurler, je pense lors de la poussée ;). Je ne pensais vraiment pas avoir "besoin" de ça, je ne suis pas bavarde à l'oral (à l'écrit bien +) et je ne me voyais pas du tout gémir, ni crier, ben si! J'avais plus de voix après l'accouchement.

-         L'amour de mon homme : ses encouragements, le sentir fier de moi, ne jamais le sentir compatissant, ou avoir mal pour moi, ça ç'aurait été dur à supporter, ça ne m'aurait vraiment pas aidée! (j'ai su après que ma mère avait pleuré toute l'après-midi de me savoir en train d'accoucher… ça, ça ne m'aurait vraiment pas aidé!)

-         Penser à mon bébé qui est devenu de plus en plus concret pendant les contractions, l'imaginer et sourire à la fin de chaque contraction.

-         Boire : j'ai bu 2 litres d'eau en 2 heures. J'avais faim aussi, j'aurais voulu manger un cookie que j'avais fait la veille (mon homme n'arrêtait pas d'en manger), mais j'avais un peu envie de vomir à la faim, et j'avais trop peur de devoir vomir.

-         La respiration, aussi, m'a énormément aidée : souffler lentement pour les premières contractions et à la fin, on sent qu'on gère plus trop le souffle, c'est beaucoup + une respiration genre "je suis dans les derniers mètres du marathon"…

-         Penser à toutes les femmes que je connais et notamment celles de ma famille, ma mère, mes tantes, etc… qui ont toutes accouché naturellement, ça aide vraiment je crois d'avoir de beaux exemple autour de soi.

-         Je n'ai jamais eu peur (sauf avec l'histoire de liquide amnio)

-         Je n'ai pas du tout oublié la douleur comme on entend souvent : au moment où tu as ton bébé dans les bras, tu oublie tout. Non, je ne l'ai vraiment pas vécu comme ça, je ne l'ai pas oublié, je n'ai pas envie de l'oublier, c'était une douleur magnifique, du début à la fin.

-         La discrétion de F, tout le long, et sa capacité à intervenir au moment où il fallait pour nous permettre de ne garder que de bons souvenirs de cette journée.

-         La bouillotte aux noyaux de cerise dans le dos, puis sur le ventre.

-         J'étais étonnée de + mal supporter finalement les douleurs de suite de l'accouchement : l'épuisement, les tranchées, mal aux fesses, courbatures, périnée enflé… puisque tout ça m'empêchait de m'occuper complètement de bébé… Je pensais aux ANA toute seule et je me disais que j'en aurais été vraiment incapable. J'ai compris où se situais le périnée et les risques de déchirures et l'endroit où on est sensé le masser pour le préparer après l'accouchement, je saurais pour le prochain bébé et je saurais l'expliquer à mes copines qui n'ont pas encore accouché.